LOUISA
NICOL
Louisa
Nicol s'interroge sur les frontières entre le dessin et
la peinture dans des uvres réalisées au moyen
de crayons de couleurs (prismacolor). Ses uvres sont figuratives.
Elles recoupent des genres traditionnels en peinture : le nu,
le portrait, la nature morte. À ces genres s'ajoutent le
motif des chevaux, et plus récemment celui des drapés.
Leur support : du papier Kraft, un papier d'emballage aux tons
chamois ou sable. Découpé en grandes strates le
papier est marouflé sur des toiles blanches. Les formes
obtenues ne recouvrent pas entièrement la surface de la
toile. S'il y en a plus d'une, elles sont juxtaposées ou
superposées.
On
peut parler de " tableaux " pour l'ensemble de la production
de L. Nicol en raison des effets picturaux obtenus. Si j'avais
à résumer en un mot sa démarche ce serait
celui de portrait que je mettrais de l'avant. L'artiste avoue
même faire des portraits d'arbres, non des paysages. Sa
recherche pose la question à savoir comment représenter?
Le modèle est omniprésent, il la fascine, mais on
dirait que l'artiste souhaite provoquer la venue dans l'espace
pictural de la forme imprévue. Elle y parvient par la transgression
de certaines des règles de la peinture, dont l'utilisation
de crayons de couleurs (non de l'huile ou de l'acrylique) est
la principale. À ce choix s'ajoute la découpe de
la forme des figures comme en témoignent plusieurs dessins
sans ombre qui sont le contraire du clair-obscur. Ou encore, l'assemblage
sur un support unique de plusieurs rendus d'un modèle pris
à des moments différents, rejoignant ainsi une pratique
picturale qui date du début du XXe siècle : le collage.
Le modèle est en quelque sorte rendu après coup.
La ressemblance n'imite pas, elle dévoile d'une certaine
manière l'identité de chaque modèle : être
humain, objet ou plante. De plus, chacun sait que l'art est un
lieu où se ranime la mémoire. C'est ainsi qu'il
faut comprendre les uvres qui citent des tableaux de peintres
de siècles antérieurs dont Rembrandt, Michel Ange
ou Arcimboldo.
Il
faut reconnaître que les " tableaux " de Louisa
Nicol abondent dans le sens des traités de peinture qui,
depuis la Renaissance, définissent le dessin comme "
la clef des Beaux-Arts ", le fondement même de la peinture.
À une différence près, et non la moindre,
le dessin se fait peinture. C'est ainsi que l'artiste exploite
le champ d'interpénétration entre ces deux techniques
et insère ses uvres en continuité avec différents
moments de leur histoire respective. Ses " tableaux "
figuratifs témoignent de l'autoréférentialité
de l'art bien que le mécanisme de l'élaboration
des uvres semble aller à rebours. En effet, s'ils
témoignent de l'imitation des choses de la nature, leur
sens principal reste un discours très actuel sur la picturalité.
Monique
Langlois
Février 2003
Louisa
Nicol is a charming and persuasive person with great audacity.
Like a tightrope walker in a circus, she has found her own theatricality,
poetry and music in the drawings she produces. Just like going
out on the wire to perform, she produces with no safety rope.
She
draws at one go, never erasing, never retouching, never correcting.
Her pencil is like an extension of her breathing, she wants to
deceive no one when using it. Louisa Nicol has devoted her whole
life to drawing. From her childhood on the family farm when she
drew the animals, to her studies at the Ecole des beaux-arts de
Quebec, her work for Radio Canada as an illustrator, and then
her teaching job at the Universite du Quebec a Montreal. Her drawings
feature flowers - delphiniums, irises, gladioli. They show a lightness
of touch and a precision of design. The colours are soft and they
give the appearance of being very realistic. But, in fact, these
wild flowers evoke a poetic and romantic image which is both sensuous
and soothing. Louisa Nicol has recently produced a series of portraits.
These evanescent figures seem not to be people but spirits or
reflections, free in space. Some pay homage to great artists such
as Michelangelo and Picasso and contain a fair amount of humour,
for example, her Femme crea Dieu ("Woman creating God"). Today,
Louisa Nicol runs a gallery in Palmarolle in Abitibi as well as
an art school, called Ecole Rosa Bonheur. Her works can be seen
at Galerie MireiIIe Brisset in Montreal.
Bernard
Theoret
Translation: Fiona Malins
Curriculum
Vitae de Louisa Nicol en format PDF